Sans vouloir remonter à Noé, sauveteur célèbre par son arche, la nécessité d'assurer le sauvetage de la vie humaine en zone côtière est apparue dès les premières navigations.

Pendant longtemps, les interventions n'ont intéressé que des hommes de bonne volonté utilisant leurs propres moyens, généralement très modestes, pour porter secours aux naufragés.

Il faut attendre la fin du 18° siècle, pour voir naître une organisation rassemblant les moyens et les idées.

A cette époque, le commerce est assuré par de grands voiliers, véritables cathédrales de toile, qui, s´ils sont rapides et sûrs au large, se trouvent gênés près des côtes et des ports par leur fardage et leur incapacité à remonter au vent.

De grands drames endeuillant le monde maritime, en Angleterre comme en France, incitent les responsables politiques, armateurs et constructeurs, à créer des bateaux robustes et insubmersibles pouvant intervenir par gros temps. On s´ingénie donc à améliorer la flottabilité des bateaux.

En France, dès 1775, Monsieur de Bernières, contrôleur général des Ponts et Chaussées, imagine une embarcation insubmersible et inchavirable. Les essais effectués sur la Seine sont concluants et prometteurs.

Mais, bizarrement, l'idée n'est pas retenue. En revanche, les anglais s'en souviendront quand ils construiront le premier canot de sauvetage digne de ce nom.

En 1789, le naufrage du navire "Adventure", qui s'échoua par gros temps à l'embouchure de la Tyne, à proximité de la côte, va accélérer les décisions.

En effet, l'équipage périt sans qu'il soit possible d'intervenir.
Aussitôt, une souscription et un concours sont organisés pour doter l'endroit d'un engin de sauvetage permettant ainsi à Monsieur Henry Greathead de présenter son canot "L'Original".
La principale qualité de ce canot de 9,10 ni, large de trois mètres et pointu des deux bouts, est d'être insubmersible, grâce à l'adjonction d'une ceinture et de défenses en liège.

En 1803, une quarantaine de bateaux de ce type équipent les côtes d'Angleterre et d'Irlande.
En France, si l'on excepte les canots des lamaneurs pour intervenir en sauvetage dans les ports, il faut attendre le dramatique naufrage du navire anglais "Amphytrite", en août 1833, devant Boulogne, pour amener le ministre de la Marine à acheter et installer un canot de sauvetage dans ce port.

Le canot "Amiral de Rosamel" est donc le premier vrai canot de sauvetage en France, installé en 1834 à Boulogne et construit à partir de plans anglais.
Avant la mise en place de ce canot de sauvetage à Boulogne, des chambres de commerce notamment Le Havre, en 1825, ont mis en place des moyens et des locaux à proximité des bassins du port.
La même année est créée à Boulogne la Société Humaine et des Naufragés.
Cette idée va essaimer dans les ports de Flandre et de Picardie. Après Boulogne, Dunkerque, Calais et Dieppe, créent leur société.


Peinte en 1912, cette huile sur bois est un hommage de M.Chevalier à M Rolland Vidamant, qui l'a sauvé d'une mauvaise situation.

Mais celles-ci, créées pour regrouper les moyens et les énergies, agissent en ordre dispersé.

Conscients que l'union fait la force, des hommes vont s'ingénier à regrouper les moyens de sauvetage au sein d'une société unique.

En 1854, alors qu'en Angleterre la Société "National Shipwreck Institution" devient la "Royal National LifeBoat Institution" (R.N.L.1.), encore active aujourd'hui, en France, un peintre de Marine, Monsieur Gudin, lance l'idée d'une société unique.

Cette suggestion mettra dix ans pour aboutir. Finalement, le 12 février 1865 est créée la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés.

La présidence est offerte à l'Amiral Rigault de Genouilly dont le nom sera porté par le canot de sauvetage du Stiff à Ouessant en 1879.

Malgré ce souci de centralisation, en 1873, la fondation des Hospitaliers Sauveteurs Bretons voit le jour.

Créée à l'initiative de Monsieur Nadault de Buffon, avocat général à la cour de Rennes, cette fondation a pour vocation les secours mutuels, le souci de bienfaisance, et se veut oeuvre de moralisation et d'encouragement au bien.

Sur les plages, le long du littoral, sur les quais, bassins, fleuves ou rivières, les H.S.B. mettent en place des engins de repêchage à la disposition et sous la protection du public. (Bouées de sauvetage - Lignes Brunell - Gaffes').

Vers 1890, de petites embarcations type baleinière de sauvetage sont installées dans les grandes stations balnéaires, mais de grands canots équipent aussi des stations comme le canot "Paul Baisnée" à Portsall en 1910.

Après un siècle d'activités séparées, ces deux sociétés vont fusionner, en 1967, pour devenir la Société Nationale de Sauvetage en Mer, reconnue d'utilité publique en 1970.

La Station d'Argenton-Porspoder a, tour à tour, oeuvré pour la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés de 1895 à 1950, pour les Hospitaliers Sauveteurs Bretons de 1962 à 1967 et enfin sous le pavillon de la S.N.S.M. depuis 1967.