......... Pour armer les différentes stations réparties sur la côte, les sociétés de sauvetage successives ne manquèrent jamais de bras. Ainsi pour armer le canot "Henri-Munier" à Douarnenez, le maire demanda douze volontaires pour former l'équipage titulaire. Il s'en présenta 350. .........

A Argenton, les volontaires ne manquèrent pas non plus. Pour douze équipiers, armement normal du canot, la station compta jusqu'à trente volontaires, généralement marins-pêcheurs, goémonniers ou retraités de la Marine Marchande et de la Marine Nationale.

Patrons et canotiers de la "Marie Russe", de l' "Henri Munier" et du "Lieutenant Pierre Géruzez" agissaient en connaissance de cause.

Ces hommes de mer se sont très souvent colletés à la "Garce" sur leurs canots trop frêles, ou difficiles à mener à la saison du goémon. Courants et vents se liguaient souvent pour ballotter l'esquif et fatiguer les bras maniant un aviron de plus en plus lourd. Confiants en leur canot, ils agissaient pour refuser la fatalité des événements de mer trop nombreux, dont les drames anéantissaient les familles et les plongeaient dans une misère encore plus grande.

Modestes, comme tous les gens de mer, leur satisfaction était de ramener à bon port canot et équipiers. Conscients de l'action désintéressée de ces hommes de mer, les autorités maritimes et les représentants des pouvoirs publics ont su témoigner leur gratitude. Il suffit de lire les discours qui ont ponctué la cérémonie d'inauguration de la station.

Au sein des sociétés successives, il a toujours régné un esprit de famille où l'entraide, l'amitié et la générosité, formaient le liant nécessaire à la cohésion d'un équipage.
Anecdote touchante mais qui montre le souci d'appartenance: au mariage d'un canotier, il était remis aux jeunes époux une armoire en merisier portant une petite plaque de cuivre sur laquelle était gravée leurs noms et celui du donateur : Emile Robin. Chez M,, et M. Eozinou Antoine à Porspoder, figure en bonne place une armoire de ce type offerte dans les années 1910 aux époux Morel-Le Lann. Mme Gouzien résidant au bourg de Porspoder, se souvient que ses sœurs mariées à des canotiers de l'Aber-Wrach ont reçu le même mobilier de M. Robin.

A défaut de rétribution financière, les sociétés ont décerné des médailles de bronze, d'argent ou d'or pour récompenser des sauvetages réalisés dans des conditions difficiles. A titre exceptionnel, certains patrons ou canotiers se voyaient remettre par la Marine Marchande ou par les Comités Centraux montre en or ou paires de jumelles. Les récompenses, médailles, prix, insignes d'honneur, sont remis lors de l'assemblée générale annuelle au grand amphithéâtre de la Sorbonne, occasion pour beaucoup d'effectuer le voyage à Paris et d'être honoré au milieu des parents et amis par les notabilités civiles et militaires.

Armoire offerte lors d'un mariage pour un canotier.
On y trouve le nom des époux et celui du donnateur

Nous aurions souhaité présenter tous les hommes qui se sont succédés sur les bancs de nage des différents canots. Hélas, le temps et la modestie ont effacé les souvenirs.